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Histoire du hip-hop

Dimanche 20 novembre 2005 7 20 11 2005 00:00
Histoire du hip-hop
Vu de loin, le rap et le hip hop sont le même genre musical ; les puristes, pourtant vous objecteront qu’il n’en est rien. Quand le rap, à la base, ne désigne que le chanté/parlé  et le phrasé  saccadé  de ses Maîtres de  Cérémonie (les MCs), le hip hop,  dont le DJing, la breakdance et le graph sont d’autres composants, recouvre une réalité bien plus complexe que  des clichés faciles ne  le supposent.
Même si  le thème est galvaudé, il est difficile, à l’origine, d’éluder la dimension sociale du hip hop, rejeton des ghettos noirs new-yorkais. Surgi dans les années 70, le genre renoue alors, à la manière des sound systems reggae, le  contact que les musiques noires reconnues avaient perdu avec la rue. Il est aussi l’occasion pour une jeunesse déshéritée de s’affirmer lors de véritables représentations qui prennent parfois  l’allure de compétitions.
Le genre, toutefois, ne saurait se réduire à cette  indéniable dimension sociale. Dès ses débuts, le hip hop a su promouvoir  d’audacieuses chorégraphies tout comme de réelles innovations musicales. Au rang de ces dernières, l’art de jouer avec les platines pour en  extraire et en manipuler le passage choisi, qui avec le sampler inondera plus tard l’ensemble de la DJ culture, et le scratching,  qui restera plus spécifiquement hip hop.
De 1986 à 1992, le hip hop connaît un prodigieux essor et un âge d’or artistique. Formidable vecteur d’affirmation des  minorités, il est accaparé  par les hispaniques, et en Europe, par les jeunes  issus de l’immigration. La médaille a pourtant son revers : alors que la starification privilégie les MCs aux dépends des DJs,  le message laisse place au verbiage, la virulence aux propos orduriers, la revendication aux préoccupations  bassement matérielles.
En 1998, le hip hop, finalement ramené au seul rap,  profite de son triomphe avec le plaisir du parvenu : aux Etats-Unis, son chiffre d’affaires dépasse désormais celui du rock ou de la country.  Dans le même temps, le genre se perd dans le racolage, les reprises incessantes de classiques  variété et Hollywood choisit ses nouvelles stars parmi les rappeurs. On donnerai le hip hop pour mort, victime de son succès, si tout un underground n’avait subsisté depuis la grande époque, assurant sa   pérennité par le biais  de labels indépendants, comme le rock deux décennies plus tôt. Puisant dans le passé ressources, fraîcheur et inventivité, des artistes tentent de donner au genre un  nouveau départ, de lui inventer de nouvelles ramifications. Un nouveau hip hop, fier de son indépendance, ne cesse de se révéler.  Eparpillé entre New York, Los Angeles, capitales traditionnelles du genre, mais aussi San Francisco, Detroit, Chicago, voire Toronto, Manchester ou Tokyo, il a progressivement élargi son audience et se montre même assez ouvert, parfois, pour reconnaître dans la jungle ou le trip hop européens les fils illégitimes du rap américain.
Le nouveau hip hop  parviendra-t-il à régénérer le genre ? Ou bien disparaîtra-t-il  de sa belle mort, se diffusant dans d'autres genres, plus neufs, plus prometteurs, plus virulents parfois, plus blancs souvent ?  Finira-t-il édulcoré, volé, pillé, éparpillé, comme l'ont été bien d'autres musiques noires ? Sans trancher la question, ce site vous propose de découvrir les  raisons d'être et les meilleurs représentants du nouvel indie rap.
 
Histoire du RAP
Naissance du hip hop :
Tout a commencé en 1975 dans un des durs ghetto noir new-yorkais.
Un homme se nommant Africa Bambaata, en avait assez de la violence, la drogue, et la guerre que se livraient les gangs rivaux. Alors, il fonda une association basée sur le respect de l’autre et là où tous sont des frères, la Zulu Nation.
Cette nation consiste à transformer leur énergie à des fins créatrices au lieu de destructrices et de enfin s’exprimer aux problèmes de la vie. Ceci donna vie à  la culture HipHop. Dès le commencement, ce style de musique fut banni de toutes les formes de médias car ils expriment leur colère envers les forces de l’ordre et le gouvernement. Jugeant ce style trop vulgaire pour les diffusions, les médias les ont vite identifiés comme une nation sans futur…
La différence entre le RAP & le HipHop :
Tout d’abord, il faut savoir différencier le RAP du HIPHOP. Le RAP est un style adopté surtout par les noirs Américains des ghettos pour exprimer leur colères envers l’état et les forces de l’ordre, comme veulent si bien dire les trois lettres ; Rock Against Polices. Tandis, que le HIPHOP se représente comme un moyen d’expression passif. Le mot hiphop vient aussi des noirs (Hip : est un parler propre aux noirs américains, Hop : signifie danser). Le HIPHOP consiste en quatre styles bien appropriés ; la base qui est le breakdanse, le graffiti, le Dj, et le Mc. Tandis que le RAP, d’un caractère plus violent, plus explosif, se compose de seulement deux disciplines qui est le Mc et le Dj.
Les dérivés du RAP & du HIPHOP :
Plusieurs styles de musique se sont développés à la racine du RAP. Le Groove par exemple, un mélange de Jazz de R&B et de soul music a su s’imposer dans les soirées. On associe souvent le sexe et la passion à ce style. Tandis que le R&B, musique très rapprochée du HipHop, souvent adoptée par des femmes, est ce style doux avec le beat du hip-hop, très respecté par les noirs des ghettos. Contrairement à ce qu’on peut penser le RAP ne descend pas directement du Jazz. Plusieurs Jazzemen sont offusqués par ce style. ″Le rap a seulement emprunté le tempo mais ne respecte pas les lois de la musique, ce n’est rien qu’un un jargon de mot qui provoque révolte et colère dans les citées″. Ceci est ce que pensent certains pionniers du Jazz. Le rap descend plus directement des tempos d’Afrique. Durant les soirées de cérémonie, les Africains, pour convoquer un dieu ou pour un mariage, jouaient un tempo très dansant et chantant des faits de leur vie quotidienne (peur, décès, bonheur,…)
Les graffitis :
 
Le Graffiti existe depuis la nuit des temps. Dans la préhistoire, nos ancêtres exprimaient aussi leurs idées sur des murs. Dans les grottes plusieurs fresques ont été trouvées, montrant nos hommes des cavernes en train de chasser. C’est ainsi que cette forme d’art a prit naissance. Mais aujourd’hui le graffiti et les tags sont à l’échelle mondiale. Concernant le graffiti hiphop, celui-ci a fait son apparition à la fin des années 60. L’un des plus célèbres artistes était alors TAKI 183
Il est connu comme ayant été le premier à exercer son art dans toute la ville, et non pas seulement dans son quartier. Dans les années 70, apparaissent les graffitis sur le métro de New York, célèbres dans le monde entier, avec des graffeurs tels que ZEPHYR, SEEN, DONDI, LEE, SKEME, PHASE 2, TRACY 168, KASE, BUTCH…puis COPE et d’autres. Ce mouvement s’arrête au début des années 80.
 
La BreakDance :
Le mouvement actuel de danse hiphop est le prolongement du break de l’ancienne école. La formation la plus connue était alors le ROCK STEADY CREW.                                   
 
Ils ont toujours un niveau élevé et ont influencé beaucoup de nouveau breakers. La danse hiphop est à l’origine d’une chanson de James Brown ″ get on the good foot ″. Les danseurs spécialistes de cette danse se mirent a danser dans les discothèques durant les breaks du morceau, d’où le nom de ″ breakdancers ″, donné par KOOL HERC. Les breakers, ou ″ b-boys″ modifièrent ensuite cette danse pour lui donner un aspect plus acrobatique. Victime de sa popularité et des médias, le break fût récupéré commercialement. Tellement que beaucoup de breakers, dégoûtés, arrêtèrent de danser…Aujourd’hui, beaucoup disent que le break est démodé. Mais les vrais hiphopeurs s’en moquent, ils font ce qu’ils aiment, en restant underground.
Le Dj :
Le Dj est le membre le plus important  d’un groupe à mon avis. Il mixe, réarrange des instrumentales d’autres groupes et les positionnes pour faire un beat entraînant pour que le Mc puisse faire une chanson digne du travaille du Dj. Le Dj est souvent critiqué par les autres styles de musique, car il se fait passer pour un voleur de beat et trop lâche pour faire les siens. Mais détrompé vous car plusieurs Dj font eux même leurs instrus et croyez moi que ce n’est pas toujours une tâche facile. On doit cette merveilleuse discipline à Dj Kool Herc, qui a su faire évoluer le HipHop et le RAP. Souvenez-vous qu’un vieux vinyle à vos yeux n’est rien mais qu’aux yeux d’un Dj, il y voit un méga tube…
Le Mc :
Le Mc est le poète, l’enflammeur de foule, celui qui fait danser une salle avec ces paroles à la fois poétiques tout autant provocantes pour exprimer ces problèmes. Le Mc existe depuis à peu près les années ″ 60 ″. De ce temps, les noirs jouaient du tamtam ou autres choses pour suivre un beat, et un autre partait en freestyle (chanter ses idées sans paroles écrites). Ceci donna naissance au Mc (Maître de cérémonie). Aujourd’hui, dans les groupes, les Mcs sont les plus en vues dans un groupe. Je dirais que c’est principalement la tête du groupe. Plusieurs professeurs et intervenants se sont battus pour le bien parler des langues par les jeunes, mais le Mc prouvent qu’ils peut être poète sans très bien maîtriser la langue. Suffi d’un peu d’imagination et le ses des phrases pour placer quelques bons lyrics dans un texte.
La hip-hop attitude
Prisé par la jeunesse, craint par les parents, le hip-hop souffre d'une mauvaise image. Il mérite pourtant mieux que le dédain
«Quand ont rentre dans un magasin, on nous observe comme si on allait voler quelque chose.» Casquette vissée sur le crâne, look de rappeur. A l'évidence, le mouvement hip-hop et sa musique, le rap, ont mauvaise presse. Lorsqu'elle fait les gros titres des journaux, cette culture rime toujours avec violence, agressivité, bagarres. Etonnant, pour un art de vivre urbain reposant à la base sur des préceptes positifs.
«En Suisse, il y a une détestation des jeunes. Et le rappeur est la cible toute désignée de cette haine», regrette Yves Pedrazzini, sociologue urbain à l'EPFL. La peur du rappeur est-elle légitime ou relève-t-elle du pur fantasme? Sans doute un peu des deux...
Le salaire du rappeur
«Transformer le négatif en positif.» Tel était l'un des fondements du hip-hop. Pourtant, l'inverse est parfois aussi vrai. Selon l'institut BlueComm, spécialisé dans les études sur la jeunesse, 51% des 15-24 ans qui écoutent du rap ont été impliqués dans une bagarre (contre 24% des jeunes en général). Un chiffre qui résume une violence trop fréquemment présente dans les soirées hip-hop. Jugées problématiques, elles ont d'ailleurs tendance à se raréfier en Suisse romande.
Certaines rixes éclatent sur un simple regard, pour une histoire de filles. «Les bagarres sont souvent provoquées à cause de l'herbe et de l'alcool», indique Niclette, 16 ans. La consommation de marijuana et de boissons alcoolisées n'est pas l'apanage du rap. Mais les abus peuvent trouver une résonance particulière dans cet environnement fortement basé sur la loi du plus fort et sur l'attitude.
«La mise en scène est très importante dans ce milieu. Il y a une véritable imagerie hip-hop», constate Yves Pedrazzini. Le genre emblématique et extrême de cette théâtralisation se nomme le Gangsta Rap. Un courant musical qui élève le gangster au rang de symbole de réussite. Une attitude vestimentaire, comportementale et langagière, savamment véhiculée par l'industrie du disque. Résultat: une apologie de la violence et du machisme qui n'est pas sans conséquences.
«Les garçons sont irrespectueux par les mots et les gestes», explique Cecilia, 15 ans. «Les filles se laissent trop faire», répond Lokman, 18 ans. Eternel problème masculin féminin? Au quotidien, Jean-Paul Bittar, éducateur à l'Espace d'animation socioculturelle des Bergières, à Lausanne, remarque quand même une réelle «virulence dans le langage».
Musique et philosophie
«Les médias ont tendance à s'arrêter aux aspects négatifs, mais il s'agit d'une minorité qui crée des embrouilles», commente le rappeur lausannois Stress, membre du groupe Double Pact et qui a sorti récemment un album solo intitulé Billy Bear. Un avis partagé par Jean-Paul Bittar: «Ceux qui provoquent la m.... sont souvent des gens externes qui n'arrivent pas à s'exprimer dans l'une des quatre disciplines du hip-hop».
«Plusieurs de mes camarades de classe ont plongé dans la drogue. Le hip-hop m'a éloigné de tout ça...», confie Alberto Russo, un ancien graffeur de 29 ans. Pari réussi! Grâce à sa passion du graffiti et sa persévérance, il a pu créer sa propre société de graphisme à Lausanne, Area Design.
«Paix, Unité et Amusez-vous», le message originel du mouvement prône effectivement une idéologie positive. Le chanteur Stress confirme tout le bien qu'il a su tirer de cette philosophie: «Le hip-hop m'a donné confiance en moi.» Tellement que, parallèlement à sa carrière musicale, le jeune homme de 25 ans termine ses études en HEC. L'art de la rue mène à tout...
La faute des parents?
Si rap ne rime pas forcément avec petite frappe, faut-il alors vraiment s'inquiéter de cette agressivité souvent associée au hip-hop? «Elle est inhérente à la jeunesse et coïncide avec une rébellion contre les parents. Surtout entre 15 et 20 ans... Avec l'âge, cela passe.» Alberto Russo se veut rassurant. A son avènement, le rock aussi était quelque peu déroutant...
«Les gens disent que la musique est violente alors que c'est la faute des parents. C'est eux qui nous ont laissé le monde dans cet état...» affirme Niclette, le verbe leste. Sempiternelle rengaine que chaque génération a fait sienne mais qui recèle sans doute une part de vérité. «Le contexte planétaire est difficile et certains jeunes trouvent amusant le Ben Laden parodié dans le clip d'Eminem», note Yves Pedrazzini. Une manière d'exorciser?
Agressivité et solidarité, machisme et respect, provocation et création. Le hip-hop vit de contradictions! En tout cas, pour les principaux intéressés, cette culture ne mérite pas d'être ramenée à de simples clichés. Comme le dit Lionel en ôtant sa casquette: «Apprenez à comprendre...»
Selim Atakurt
Alternative à la violence
Au milieu des années septante à New York, Afrika Bambaataa, ancien membre d'un gang, crée l'Universal Zulu Nation. Une alternative à la violence, à la drogue et aux gangs qui contaminent le ghetto noir du Bronx. Il réunit au sein de cette organisation des individus pacifistes aux moyens d'expression tous différents: le graffiti, le rap, le djing (art du DJ) et la danse. Ainsi naquit la culture hip-hop, et elle eut beaucoup d'enfants....
L'Universal Zulu Nation trouve aussi des ramifications en Suisse. Renseignements sur www.reprezent.ch ou auprès de l'Universal Zulu Nation Of Switzerland Romandie: UZNSR, case postale 4034, 1002 Lausanne
Made in Helvétie
Quelques bons tuyaux pour mieux appréhender la culture hip-hop en Suisse.
Bible suisse: www.reprezent.ch Une véritable mine d'informations.
Revue: l'excellent mensuel «Vibrations». Articles sur les musiques «chaudes» et «exotiques».
Fringues: «All Access». Marque fondée par des Lausannois et qui habille notamment les membres du célèbre groupe Iam. Rens. 021 623 33 23.
Graphisme: www.areadesign.ch Travaux riches et variés, inspirés par le graffiti et l'iconographie hip-hop. Novateur et décapant.
Musique: «Billy Bear», de Stress. Premier rappeur suisse à avoir signé chez Universal. Une référence. Renseignements: www.doublepact.com
Radio: «Downtown Boogie» sur Couleur 3. Du lundi au jeudi, de 21 à 22 heures. Tout sur le rap!
Quand le cinéma rappe...
La culture hip-hop a inspiré de nombreux réalisateurs. Un choix de cinq films qui sont «trop de la bombe»...
«La haine», de Mathieu Kassovitz: une journée qui va mal tourner pour trois jeunes d'une cité... César du meilleur film et Prix de la mise en scène à Cannes en 1995.
«Ghost Dog», de Jim Jarmusch: l'histoire d'un samouraï moderne. Une bande-son époustouflante composée par RZA du Wu-Tang Clan.
«Boyz'n the Hood», de John Singleton: une œuvre coup de poing, instigatrice d'une mouvance de films sur les gangs américains.
«Do the Right Thing», de Spike Lee: humour et drame dans le quartier de Bedford-Stuyvesant, à Brooklyn. Musique mythique de Public Enemy.
«8 Mile», de Curtis Hanson: une tranche de la vie d'Eminem, remarquable dans son propre rôle.
Par Amon_r
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