
ne jeune femme se trouvait entre la vie et la mort après avoir été grièvement brûlée dans l'incendie, samedi soir 28 octobre à Marseille, d'un bus par des adolescents. Il semble que le véhicule de la Régie des transports de Marseille (RTM) a été pris dans un
"vrai guet-apens", a estimé le procureur de la République de Marseille, Jacques Beaume. Relevant d'une procédure criminelle, l'enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire.
Cette semaine, qui marquait les un an du début de trois semaines de violences urbaines en France, au moins sept autobus ont été incendiés, dont six en région parisienne, par des groupes de personnes encagoulées et parfois armées. Il n'y avait pas eu de blessés graves, même dans l'Essonne, où des passagers se trouvaient dans le bus au moment où le feu avait pris.
Les premiers témoignages de passagers et de la conductrice ont permis à la police d'esquisser les grands traits de l'attaque de samedi soir. Le bus, assurant la liaison entre le centre-ville et les quartiers nord réputés difficiles, aurait été agressé une première fois dans son trajet aller, des jeunes gens tentant en vain de monter à bord. Ils auraient attendu au même arrêt que le même véhicule repasse en sens inverse, pour cette fois l'obliger à s'arrêter "par un mécanisme qu'il faut vérifier", selon le procureur. A 21 h15, ces "adolescents" au visage dissimulé dans leur capuche auraient forcé les portes du bus où se trouvaient une dizaine de personnes, auraient répandu de l'essence avant d'y mettre le feu et de prendre la fuite, selon une source policière.
"ÉTAT GRAVISSIME"
Outre trois personnes indisposées par les fumées, une jeune femme de 26 ans, grièvement atteinte, a été conduite en urgence dans un service spécialisé : "Ses jours sont en danger, elle est brûlée à près de 60 % de la surface du corps", a annoncé la direction de la communication de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM)."Son état est gravissime", a renchéri le procureur Jacques Beaume un peu plus tard. Il a appelé les passagers, pour la plupart vite rentrés chez eux après l'incendie, à se faire connaître. "On a besoin de leurs témoignage", a-t-il insisté.
Le service bus de nuit a été interrompu. La carcasse du bus a été remorquée après minuit et ne restaient plus sur les lieux que des débris de vitres à terre et un car de CRS.
Marseille, deuxième ville de France, avait été largement épargnée par les troubles de l'automne passé. Et aucun incident particulier n'avait été signalé dans la nuit de vendredi à samedi, date anniversaire du début des émeutes urbaines.